dimanche 15 mai 2016

Ueda Vertical Race


Allez, une fois n'est pas coutume, une initiation au Sky Running et en famille qui plus est.
A l'origine cette course n'était pas au programme, mais à force de pérégrination sur la toile, on finit toujours par des "ohhh et pourquoi pas celle-ci aussi !!". 
Disons que cette course avait tout pour plaire, une dimension familiale, durant la Golden Week, un tracé court (KV oblige), du dénivelé, bref les ingrédients idéaux pour initier madame et les enfants à ce sport pour lequel papa s'absente si souvent.
L'UVR, c'est deux tracés; un premier dit "normal" de 3,3 km et 700m D+ et un second de 5km et 1000m D+ qui entre dans la Skyrunning Japan Series.


Pour le coup je la joue modeste et ce sera le tracé "normal", le seul ouvert à "tous" à partir de la 1ère année (équivalent du CP en France).
Ces courses sont le fruit du travail de Dai Matsumoto, un jeune Sky-runner ultra-passionné qui a entrepris de développer cette discipline au Japon et de la faire connaitre au plus grand nombre; notamment les jeunes qui ont le plus gros potentiel sur ce genre de parcours. Un mec qui a toujours la banane.

Les données numériques:
3,3 km ou 5 km
700m ou 1000m D+
Temps max:
Tracé: Aller simple
Inscription: 4 500 Yens pour les adultes, 2 500 Yens pour les enfants
Nombre de places: 500


Pour arriver à Ueda en partant de Tokyo, il faut compter 4 heures, ce sera donc départ après le boulot, dodo au plus proche et réveil de bonne heure pour aller retirer les dossards. La formule idéale pour bien attaquer une course... ;o) , peu importe toute la famille est motivée, les t-shirts sont prêts et un seul objectif "arriver au sommet". Je ne cache pas toutefois mon inquiétude quant à la possibilité de finir de chacun, mes souvenirs de gamin ne laissant que peu d'espoir, je me convaincs à l'idée qu'ils ne sont pas moi. Mais tout de même; passer de rien à 3,3km et 700D+ en terrain accidenté, sans entrainement, le pari semble osé...et bien, c'est sous-estimer grandement le potentiel des enfants.
Donc après une nuit dans le Van, l'heure du verdict approche, on rejoint la zone de retrait des dossard/briefing. Le temps est au beau fixe, ambiance "Samuraï" et peluches géantes. 




A l'issue le timing est serré, il faut rejoindre le sanctuaire où se situe la ligne de départ. 1,7 km d'échauffement en mode touriste, assez pour évacuer la nervosité de chacun dont c'est le test. Arrivés au Sanctuaire, c'est "WAOUHH !!!", on en prend plein les mirettes, dépaysement garantit: musique aux tambours, escorte de samuraïs, et atmosphère shinto. Avant même de courir t'es satisfait d'avoir fait le déplacement.

Le temps de faire la connaissance d'un papa français et de sa fille qui coure avec la mienne et c'est partit.
Les départs sont échelonnés, les anciens puis les enfants et enfin les adultes du tracé normal (70-60-50-primaire-collège-40-30- Moins de 29),  les courageux du 5km concluant les séries (femmes, élites femmes, hommes, élites hommes), le tout avec 1 minute d'intervalle, autant dire que ça défile sec.
J'aurais donc le privilège de voir partir chaque membre de la famille dans sa catégorie respective, me mettant presque en retard pour mon propre départ.....safe !!!
Un KV, il faut reconnaitre que ça va vite, pas franchement le temps de chauffer la bête mais pour autant faut pas se griller dans les premiers mètres. La seul portion plate est la sortie du sanctuaire, une fois à l'extérieur on commence à grimper gentiment en suivant le trottoir. jusqu'à rejoindre le pied du Mt Taro et c'est partit: on crapahute.
C'est un exercice bien différent de ce que j'ai l'habitude de faire, j'ai une pensée pour madame et les enfants: où en sont-ils ? La petite va-t-elle tenir jusqu'au bout ? Tantôt je dépasse tantôt je cède ma place, à toi à moi, un vrai jeu de passe-passe. Les cuisses brûlent, les mains en appui dessus, le souffle est court, rapidement on se demande ce que l'on fout ici, là aussi y a sport de "débile". Et le pire c'est qu'on en redemande. 
Première a être rattrapée, madame, qui gère comme elle peut, mais tient bon, je ne m'attarde pas, c'est la suivante qui me soucie. Le temps passe, les mètres défilent, je ne vois rien venir, voilà qui est bon signe. Finalement elle apparait, nous sommes au 2/3 de la course, je l'observe, elle assure, à son rythme, mais elle assure. Bon forcément en la rejoignant ça change la donne mais c'est ainsi. Son frère l'a dépassé et taille la route devant, nickel. Est-ce que j'essaye de le rattraper, mathématiquement ça me semble irréalisable. Et puis maintenant que je suis à sa hauteur mademoiselle traine la patte, ok le message est passé, on va finir ensemble. Après tout je suis là pour eux et non pour moi. Alors on se motive, on s'invective avec des fleurs et on s'arrache les tripes quand pointe le sommet et sa banderolle, et finalement le frangin et les autres finishers qui nous encouragent en descendant vers nous, jubilatoire.
On a le droit à un petit ravitaillement à l'arrivée, on se restaure en attendant maman, et on profite de l'ambiance.
Les enfants décident finalement de partir au devant de leur mère.
Tout le monde remonte dans la clameur générale, élites comme amateurs, les encouragements sont unanimes.
Aux premières loges pour l'arrivée du KV, le vrai, la scène est surréaliste, les coureurs sont dans un état second, la douleur se lit sur leur visage crispé, mais ils s'arrachent jusqu'au pointeur pour finir par s'écrouler à quelques mètres de là. Impressionnant. Respect pour eux. 
L'expérience est concluante, la famille a découvert "l'ambiance des courses" et moi une nouvelle discipline.
Il ne reste plus qu'à redescendre gentiment, ce qui est plus simple à dire qu'à faire. Finalement c'est en faisant le chemin inverse qu'on prend conscience de ce qu'on vient de grimper. Et même sans courir c'est carrément casse-gueule.
De retour au sanctuaire, l'organisation nous remet des coupons en guise de cadeaux de finishers, à dépenser dans un rallye gastronomique à travers la ville, pour faire patienter en attendant la cérémonie de clôture et développer le tourisme culinaire. Sympa.

Tous les coureurs se retrouvent pour la cérémonie, les temps des élites forcent le respect et plus impressionnants encore sont les résultats des jeunes (catégorie collège) sur le tracé normal, leur potentiel favorisé par un poids plume est énorme sur ces courtes distances.

Je vous invite à visiter la gallery, elle vaut le détour.
Le site.

Et ma première dédicace:

See you.

Le site.

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