lundi 29 mai 2017

Hasetsune 30K




Le mythique challenge Hasetsune, 2 courses de grande renommée avec une petite boucle de 30K au printemps et une grande, la Cup, à l'automne de 70K reprenant en partie le tracé de sa cadette.  
La première grosse difficulté avec Hasetsune c'est déjà de réussir à s'inscrire car même avec 2000 dossards, c'est premier arrivé premier servi et rien que là ça joue grave des coudes. Autant dire qu'il faut avoir préchauffé le clavier avant que n'arrive l'heure fatidique des inscriptions en ligne.

Avantage si tu y arrives, et à condition de terminer le 30K, tu es prioritaire pour la Cup. En gros si tu passes tu es sûr de pouvoir assurer le grand chelem. Ca limite les frustrations.

Hastsune 30K c'est:

30 km - raccourci à 17km
2328m D+
2328m D-
Temps max: 7h00
Tracé: Boucle
Trail: ? %
Inscription: 10 000 Yens
Nombre de places: 2 000

Premier bon point, la proximité de Tokyo:


Pour ma part j'ai opté comme à mon habitude pour un départ la veille avec option nuit dans la voiture, certes ce n'est pas le confort de la maison, mais ca fait partie du Trip et ça permet de vivre autre chose que la course en elle-même. La grande majorité des coureurs arriveront le matin même, à l'instar de mon camarade Eric.
Sauf que pour le coup les horaires pour retirer les dossards la veille étaient un peu serré, et que bibi il est arrivé tout juste. Ca commençait déjà à plier, j'adore. Pas grave, les japonais étant ce qu'ils sont je suis accueilli avec le sourire, sauf que là c'est moi qui tout à coup perd le mien: le staff m'annonce que la course est raccourcie à cause du mauvais temps, et qu'un éboulement obstrue le chemin dans la seconde moitié du parcours... la put' de sensation de "déjà vu", la malédiction de l'UTMF vient de frapper à nouveau.  
Bon, d'un autre coté, la course se joue tout de même et 17 km c'est toujours mieux que de rentrer bredouille; alors va pour le "shortened" de l'année. La saison ne fait que commencer espérons qu'on s'en tienne à ça.

Pour obtenir son dossard, il faut procéder au contrôle, le coté sympa c'est que l'on sait à l'avance ce qui est demandé, ce qui l'est moins c'est qu'ils sont tatillons. Je m'explique, il faut 1 litre d'eau minimum au départ, ok, alors je présente mes flasques, bien, jolies les flaques mais et l'eau elle est où ?.....😳hey ??? Bah là j'ai mis la poudre de perlimpinpin et la flotte arrivera au dernier moment pardi !!! .... Ok, vous avez un robinet plus loin, revenez avec les flaques pleines. 😱... Doudiouuuu😡, elle a de la chance d'être mignonne, en plus elle te le dit avec le sourire, terrible. Sauf que j'étais déjà juste niveau timing voilà-t-y pas que je cavale à dash piquer de la flotte. Je récupère tant bien que mal la poudre histoire qu'elle ne mijote pas toute la nuit dans son jus, et je me re-pointe au contrôle. Tout se passe bien, avec le sourire en prime, 1 - 0 pour eux. 
C'est alors que l'ancien à coté, dans son anglais, me demande mon assurance "montagne"...... Et oui les gars, Hasetsune c'est la seule course qui te demande une assurance montagne, que si t'en as pas t'as un comptoir à coté pour en souscrire une. Malin !!! ... 
Mais bibi on la lui fait pas, il te dégaine son certificat de sécurité sociale de frenchy et sa carte de mutuelle périmées (toujours dans le sac c'est un truc de routard ça), et les présente avec un sourire digne de la checkeuse de matos. Mon ancien il inspecte ça comme si il y comprenait quelque chose, ne remarquant même pas le gros 2012 en plein centre de la feuille, et roule ma poule, ni vu ni connu je t'embrouille, il me rend le tout avec un signe d'acquiescement. Egalité, 1 partout.
Je récupère mon bien avec un grand sourire en prime, me retourne vers ma copine inspectrice de flasque vide et lui demande si je peux les vider pour ranger le tout... rictus gêné, pas de réponse, ok j'ai saisi le message, j'irai faire ça plus loin... 1 - 1, avantage Eux.
Je profite de visiter l'expo pour informer Eric de l'édition raccourcie qui l'attend demain. On essaiera de se retrouver sur la ligne de départ.
Ce qui est certain, malgré le mauvais temps et la modification du parcours, c'est que l'ambiance est bonne.


L'avantage en se pointant la veille c'est que tu dois chercher un truc à manger, et souvent c'est l'occasion de découvertes sympas. En l'occurrence, alors que tu te crois paumé loin de tout, qu'il fait nuit et pluvieux, un Ramen Gyoza ouvert H24 à deux pas du Michi No Eki où t'as posé le Van.
C'est quand même méchamment pratique.
Nickel pour se repaitre avant d'aller se coucher et affronter la fraicheur de la nuit.

Le lendemain s'annoncera meilleur, le soleil aura du mal à percer mais on le sent bien présent. Je rejoins les parkings prévus exclusivement pour l'occasion avec pas mal d'avance, j'en profite pour me préparer et patienter au chaud.
Quand vient le moment de rejoindre la ligne de départ quelle surprise de constater une interminable file d'attente pour aller récupérer les dossards, un rapide coup d'oeil sur la montre me fait douter de la faisabilité des derniers à partir dans les temps...c'était sous-estimer l'organisation des japonais. 
Si je me croyais en avance, c'était également sous-estimer les autres concurrents. Quand beaucoup font la queue, l'autre beaucoup est déjà dans les starting-blocks. Difficile de tirer son épingle du jeu dans ces conditions. Déjà que sur 30K c'est tendu quand tu pars mal placé mais là réduit à 17 sachant que les 10 premiers sont sur la route, c'est speed-run assuré.
Je lève de temps en temps la tête pour tenter de repérer Eric. Rien devant, ni derrière. Tant pis on se retrouvera sur la ligne d'arrivée.
Le départ est donné et tout le monde est dans le block, aucun retardataire à déplorer. Ils sont trop forts.
Autant le dire tout de suite, la course ne sera pas transcendante. Comme attendu je vais tenter de me faufiler mais d'emblée ça se resserre et dépasser les autres concurrents devient très sport notamment avec les jalonneurs qui font la police et les cones de chantier qu'on évite à la dernière seconde....je me reconforte en misant gros sur la deuxième partie du parcours, où l'on rejoint le sentier pour redescendre. Je lève même le pied pour reprendre un peu de fraîcheur avant de tout jeter dans la bataille. Sauf à passer sur du single et là c'est le drame. Petit train, file indienne, bite à cul, peu importe le vocable la réalité est là, on se suit au rythme du plus lent jusqu'à ce qu'une ouverture permette de se faufiler. Jusqu'à la fin.
Je ne joue pas la gagne, je n'en ai ni le niveau ni la prétention, mais c'est tout de même assez frustrant de ne pas pouvoir se donner à fond, avec cette petite somme de frustrations qui gâche un peu le plaisir. 2000 personnes sur 17 bornes ça fait une sacré densité de coureurs, et encore je ne me plains pas car un paquet d'entre eux a du, à mon humble avis, marcher assez souvent.

Finalement ce sera:
1h36'15"
339ème au général.

Eric fera bien mieux, partit plus en tête, il aura eu le chemin libre s'offrant même le plaisir d'enrhumer quelques têtes de série.....assez jubilatoire 😎.
Il est clair qu'Hasetsune ne manque pas de renommée et donc de sponsors. Mais je reste malheureusement assez déçu de mon expérience. 
On verra ce que donnera la Cup, dont le challenge s'annonce déjà plus corsé car elle n'offre aucun ravito hormis 2 points d'eau sur ses 70km. Tout un programme.

Le podium avec un Ruy Ueda en pleine forme 🤠


Bon malgré tout je ne m'en sors pas si mal, puisque c'est à l'arrivée que je rencontrerai une correspondante du site MtSN pour un petit entretien qui débouchera au final sur la mise en jeu du deuxième dossard de l'échappée belle. Pour la petite interview c'est ici que ça se passe.

Rendez vous en octobre pour la suite.

See you.


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