samedi 30 avril 2016

Naguri Trail Run Race


Initialement, le mois d'avril devait débuter par Hasetsune 30K et se prolonger en novembre avec sa grande soeur Hasetsune Cup. Mais ça c'était avant. Loin d'imaginer l'engouement que provoquait la série des Hasetsune, je me suis cassé les dents dès l'inscription. Le début de saison commençait bien !!! C'est ainsi que j'ai découvert le série des Fun Trails, produites par Shunsuke Okunomiya, un grand nom du Trail Japonais.
Mon premier critère de sélection pour un trail c'est sa proximité et son parcours, en boucle de préférence, avant même sa distance ou son dénivelé, pour me permettre d'y aller en voiture et ainsi conserver toute mon autonomie. Ne pas être tributaire des transports en commun pour aller et surtout revenir, c'est un confort appréciable. Sur une précédente course, un coureur m'expliquait qu'il avait dû abandonné, car hors délai si il espérait rentré avec le dernier train. Un peu rude la sanction. Donc dans la mesure du possible je vise des trails accessibles par la route, raisonnable dans les temps de trajet (surtout rapporté au temps de course), et en boucle, car c'est quand même mieux pour récupérer la bagnole.
La Naguri Trail Rune Race possède, à ce niveau là, tous les avantages. Situé à moins de 2 heures de route de Tokyo, on peut même s'offrir le luxe de partir le matin même. 


Les données numériques:
25,6 km
1900m D+
1900m D-
Temps max: 07h00
Tracé: boucle
Trail: 80%
Inscription: 6 000 Yens
Nombre de places: 500

Pour ma part ce sera départ la veille et nuit sur place. Je préfère éviter les impondérables et plus que tout, le trip "autocamp" colle à merveille avec le trail à mes yeux, donc je ne raterai pour rien au monde une occasion de squatter dans le van. D'autant que pour le coup c'est du pain béni, une gigantesque zone de stationnement "libre" jouxte celle qui est réservée pour la course du lendemain. Autant dire que nous sommes aux premières loges, je dis nous car dans la nuit d'autres auront opté pour le même choix tactique.
Ce sera donc un réveil vers 06h00, le temps d'émerger et de faire chauffer le café avant d'aller récupérer le dossard à partir de 06h30.
Le temps est humide, la pluie de ces derniers jours a laissé la place à un ciel couvert et une brume persistante. Mais étonnamment il fait bon et ce même au saut du lit la tête encore dans le c.., je ne suis pas transit voilà qui est bon signe. 
Tout doucement le parking se remplit sous les injonctions des bénévoles qui se chargent de garer tout ce beau monde au cordeau. quand d'autres arrivent via des navettes de bus qui les amènent du centre ville où ils ont passé la nuit. Des tentes sont prévus pour leur permettre de déposer leurs affaires à l'abri. 
Les quelques échoppes présentes finissent de s'installer pendant que le stand de retrait des dossards bat son plein. Tout ça au son d'une musique funky qui pose l'ambiance conviviale et bon enfant de la course.

Le temps d'accrocher le dossard et d'avaler le fond de café restant, que sonne l'heure du briefing. Traditionnel rendez-vous d'avant course, offrant à la fois un descriptif du parcours et des risques/difficultés rencontrés, sur ce petit format il a lieu juste avant le départ. C'est donc Okunomiya-san himself en bon MC perché sur une table qui s'adonne à l'exercice. 
Comme il fallait s'y attendre ça va glisser. Mais après tout c'est ce qui rend la course plus plaisante, sinon faut retourner runner sur l'asphalte.
Une fois n'est pas coutume, le briefing terminé, c'est à une séance d'échauffement collectif que nous convie l'organisateur. Ce qui ne manque pas de contribuer à l'humeur festive du moment. Finalement le timing est bien calculé et le départ prévu à 08h00 ne se fait pas attendre.
Cette course a cela de bien qu'elle débute via un tour de lac, sur route, d'environ 5 km (soit les 20% de non-trail du parcours, comme ça c'est fait), ce qui permet au groupe de bien s'étaler et à chacun de chauffer gentiment la bête avant d'attaquer les raidillons qui marque le début de l'ascension. Car il faut reconnaître qu'après, pour pouvoir doubler vous ne pourrez compter que sur le fair-play de celui qui vous précède. 
Tout la course est en sous-bois. On rejoint rapidement la crête dont on ne redescendra que pour l'arrivée. Le terrain a cela de typique dans la région qu'il est exclusivement composé de racines enchevêtrées et saillantes, les pieds ne reposant quasiment jamais sur du plat c'est à un véritable jeu d'équilibriste que l'on se livre. Le regard est rivé au sol sans jamais le relever, au risque de se prendre une branche en pleine poire. Ca rappelle quand, gamin, on sautait d'une pierre à l'autre...ou la pub "Banga" pour les plus vieux. Sauf que là les racines humides ça glisse méchamment, et les chevilles sont mises à rude épreuve. Mais malgré tout le rythme est bon et je prends beaucoup de plaisir à jouer sur ce terrain, quand tout à coup la sanction tombe, le pied d'appui glisse latéralement et je me vautre de tout mon poids sur le flanc gauche. Sonné, je me redresse, la jambe gauche endolorie. Je repars en titubant, mince, c'était plutôt bien partit et me voilà calmé comme jamais, m'interrogeant même sur la suite, le tibia ayant gonflé a vue d'oeil. 
Rahhhh la blase attitude me guette, à peine à mi-parcours et j'ose à peine trottiner, non à cause de la douleur, mais la peur, la peur de glisser, la confiance s'est enfuie en tombant. Alors bien sûr je cède quelques places, à ce rythme rien d'étonnant; et j'ai grave les boules. Le terrain est pourtant génial, une vrai aire de jeu, la possibilité de s'éclater, dans tous les sens du terme je l'accorde, mais surtout c'est court, 25 bornes et déjà la moitié de parcouru va falloir se ressaisir, sous peine de le regretter amèrement.
Reprendre confiance il n'y a que ça à faire, alors passé le 1er ravito, la relance se fait gentiment, beaucoup d'attention aux appuis et surtout ne pas glisser ce qui foutrait tout en l'air. Et finalement tout va aller très vite, le rythme et la confiance vont aller de paire, augmentant crescendo, l'une entrainant l'autre et passé le second ravitaillement, à l'amorce de la descente finale, ce sera l'apothéose. Oubliée la peur de la chute, je vole littéralement entre deux appuis. Euphorique, emporté par l'ivresse que procure cette sensation unique d'invulnérabilité, l'idée qu'en cas de chute je m'explose m'effleure à peine l'esprit sans pour autant y changer quoi que ce soit. Et c'est au débouché du bois, quand le parking apparaît à l'horizon, que le plaisir prend fin, à l'image du manège à la fête foraine qui commence à ralentir...ENCOORREEEEE!!!
Arrivé, c'est à un accueil personnalisé auquel chaque coureur a droit, Okunomiya-san prenant le temps d'interroger chacun sur son ressenti. Les avis sont unanimes, la course est top.
Malgré ma chute je suis satisfait du résultat:
3h55'47"
29ème au classement homme.
Le temps maintenant de profiter des petits plaisirs à disposition, avec dégustations des productions locales. Surtout ne jamais oublier de prévoir de la monnaie, c'est une règle ici bas au risque d'être très malheureux.
Sans oublier évidemment de sacrifier au rituel du Onsen, idéal avant de reprendre la route et pour le coup situé à 200 mètres du parking. Cette course a vraiment tout pour plaire.

On conclura par une séance de Jan Ken Pon, ou pierre feuille ciseaux, manière conviviale et très japonaise de distribuer les cadeaux des sponsors.

Il va sans dire que ce trail est excellent, et que le rendez-vous est déjà pris pour sa version XL en fin d'année. Une course à faire les yeux fermés...mais pas trop quand même.

See you.

Website: Naguri Fun Trail.

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