vendredi 16 septembre 2016

UTMF J-7




Et voilà, dans une semaine à cette heure nous, bibi et tous les autres, serons en plein dedans, lancés depuis quelques heures à l'assaut des chemins, gravissant les montagnes, glissant sur les pentes boueuses, arpentant inlassablement de jour comme de nuit, pour atteindre ce but ultime qu'est la ligne d'arrivée, Saint Graal de l'accomplissement de soi et accessoirement aussi point départ de cette course folle, source de tous nos maux, symbole du masochisme du coureur qui revient où il est partit au terme de presque 2 jours d'efforts. Insane ? Totalement, et le pire même c'est qu'on paye pour ça.


Mais, put' comment fait on pour en arriver là ? Simple, on commence petit.
Je me souviens de mon premier marathon, ohhh ce n'est pas très vieux, février 2010 à Tokyo. Un défi que nous nous étions lancés avec le père Morrslieb (cherchez pas c'est aussi dur à prononcer qu'à écrire!!!). L'occasion d'une virée au Japon, pour aller se tester. 
42 kilomètres 195, le bout du monde, l'ultime défi, l'épreuve d'une vie, c'est un peu comme cela qu'on percevait les choses à l'époque. Nous dont la gloire perso se limitait au semi, nous nous étions lancés dans la grande aventure, le titre de marathonien nous tendait les bras à l'ultime condition de finir. 
Que de moments de doutes et de réflexions, de discussions interminables mais passionnées pour savoir quel rythme, tactique, matériel, alimentation adopter. Et ce mur, le fameux mur dont tout le monde parle, mais qu'est ce donc vraiment ? ça fait vraiment mal ? Pourra-t-on le surmonter ?
Des sujets qui souleraient une assemblée mais nous on était dedans. A fond. Lui le cartésien à la préparation millimétrée, moi le désinvolte tout au feeling, chacun comptant sur le talent de l'autre pour aller jusqu'au bout. Un tandem de choc. Un souvenir énorme. 
Assurément nous étions comme des gamins convoitant la cime d'un arbre trop grand pour eux.
La nuit précédant le départ fut courte, refaisant une dernière fois le monde et accessoirement essayant de convaincre ma femme que j'avais le niveau et que je n'allais pas en crever, Epique !!!
C'est donc sous une pluie légère et un froid de canard que nous prîmes le départ.
Finalement la course aura tôt fait de nous séparer, l'ordre l'emportant sur le désordre, Morrslieb mènera une course fluide et constante, moi ce sera ... un poil plus bordélique. Peu importe nous serons tous deux finishers, et la victoire aussi douce soit-elle à gouter, la douleur qui l'accompagnera sera immense. Quelle agonie mon ami, le corps nous a fait payer cher notre audace. Jamais connu telle déchéance physique même sur les trails qui ont suivis. Au bas mot nous mîmes une semaine à nous remettre et à marcher convenablement. Plus jamais ça... et pourtant.
Racontez ainsi, on imagine que c'est le genre d'expérience qui vaccine à vie, n'est ce pas ?
...Et bien non, c'est tout le contraire, on y choppe un virus, une saloperie, un truc pernicieux, pervers qui pousse à aller toujours plus loin dans la quête de soi, à repousser sans cesse ses limites, et le pire c'est que c'est bon, c'est puissant, jouissif, jubilatoire, bref on aime ça et on en redemande.
Alors voilà pourquoi, 6 ans plus tard, je suis là à écrire ses lignes, à partager mes sentiments, à quelques jours de ce qui sera pour cette fois encore mon Saint Graal, ma quête ultime: courir un Ultra Trail et le finir.
Et alors surement se posera une question: "What's next ?"

See you.


Le compte rendu complet du marathon de Tokyo à l'époque c'était .

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