jeudi 1 décembre 2016

FunTrails 100k


Fun Trails 100K, avant dernier rendez-vous de l'année, qui sonne comme un parfum de revanche après un UTMF raccourci. 105 km et 6658m D+ au programme, de quoi se faire une idée de ses capacités sans pour autant se mettre la pression. 
Et heureusement car dans le genre détendu, on pouvait difficilement faire plus...explications:
Jeudi 17 novembre, je prépare mes affaires gentiment, un peu de ravitaillement de dernières minutes  m'attend demain et samedi dans la matinée je lève le camp direction Chichibu, avec nuit en mode auto-camp, que du bonheur.
Derniers fignolages, je suis en train de faire mon petit mémo de poche, étude du dénivelé, report des barrières horaires sur la frise, que du classique. Enième consultation de la météo, nickel, ça se maintient, Dimanche 20 le départ sera beau après un samedi pluvieux, et on termine lundi sous le soleil. Tout s'annonce pour le mieux.

Voici le programme:
105 km
6658m D+
6658m D-
Temps max: 33h00
Tracé: Boucle
Trail: 85%
Inscription: 22 000 Yens
Nombre de places: 600
Un dernier coup d'oeil aux barrières horaires avant impression, impeccable, départ 05H00 le 19 et limite longue 14h00 le lendemain ....dimanche !!!! ???  Hey !!! mais y a truc qui colle pas.
Je relis, reprends les infos, vérification sur le site...ouhhhh la tanche !!!😩 Tu m'étonnes que j'trouvais bizarre de finir un lundi qui n'est pas chômé. Je me suis planté mignon dans les dates, le départ c'est samedi matin, soit dans 36 heures non 60 heures.
Haaa bah ça bouscule un peu tout ça dis moi. "Allo chérie !! tu vas rire...ou pas, mais je pars demain matin pour Chichibu, ...je te laisse gérer, hein !!!". 
Bon bah y a plus qu'à tout paqueter, faire le plein et se coucher. Commence bien la Fun Trails 100K
Malgré tout, petite matinée tranquille, le briefing est à 16h00, arriver 30 mn avant pour récupérer le dossard devrait suffire, google maps annonce 2h20 par les petites routes, je prévois un départ large à midi.
On the way, comme on dit...

...Alors déjà, Tokyo-Chichibu par les petites routes, ok tu ne payes pas le péage mais ça avance grave pas du tout. c'est Stop and Go aux feux tricolores tous les 200 mètres, résultat tu frises les 3h30 de trajet, à cela s'ajoute les pauses techniques et gastronomiques et ça fait.... bah que t'es à la bourre. Attends je matte l'heure vite fais voir comment ça se présente..... ha bah tiens ça se présente pas terrible, la Suunto affiche queue dalle ???? 😱 Qu'est ce que c'est que ces conneries, elle s'est foutu en veille ou quoi ? Test des boutons: bip sonore ok, rétro éclairage ok mais affichage NADA. 
Ouuhhh la merde, la montre a craqué ! Bref moment de solo, le temps de réaliser qu'il n'y a pas grand chose à faire à part accepter de courir en aveugle les prochaines 24h. Yeahh  Fun Trails !!!!😰
Toutefois une lueur d'espoir subsiste avec les shops sponsors de la course... Vite, vite, contrôle du matos obligatoire, voilà, voilà, hop ! hop! retrait du dossard et T-shirt souvenir, et zouhh au corner shop !!!
"Bonjour Mr ......Garmin !!! ..... allez, Au Revoir Mr Garmin!!!"😔
Bon bah, on va retourner à la voiture car avec tout ça je n'ai pas repéré où pioncer.... une prépa de ouf c'te course. 
Nickel il fait déjà nuit, on voit vachement mieux la nuit.
Et là, miracle, un Michi no Eki à 500 mètres de la ligne de départ, en plein centre ville. Vendu !! Nos destins seront liés pour cette nuit. Sauf qu'il est 17 heure, ça fait un peu tôt pour se coucher. 
Il est de temps de se poser, souffler un coup et faire le point. Rien de tel que de préparer le sac du lendemain pour commencer à se mettre dans le bain en attendant d'aller casser un graine.
Petits échanges de texto, une news twitter, tentative vaine de réanimation de la Suunto, voilà déjà l'heure d'aller manger. Le Michi no Eki est accolé à un petit Mall Center, avec magasin et restos, le top à porter de mains, de quoi rendre le sourire en dépit du froid et d'une pluie qui se laisse entreapercevoir.

Allez fais péter le "Steak House". 1500 Yens le mix avec "Salad Bar" et "Drink Bar", ce qui signifie en clair, accompagnement et boisson à volonté. Au moins j'aurais pas tout perdu de ma journée. 
Bon je fais mon touriste moyen en prenant en photo mon plat, et oui tenir un blog ça oblige à prendre des risques inconsidérés...c'te vie de ouf' !!! Indiana Jones à coté c'est Joséphine Ange gardien.
C'est alors que je reçois un texto de ma moitié, qui me conseille de chercher une montre le temps qu'il me reste, un truc à 2-3000 Yens, car quand même avec une course pareille, c'est préférable.
Soit, mon ange gardien a parlé, mais il est bientôt 20h et Chichibu c'est la campagne tout de même. On va se bouger le train des fois que dans le Mall il y ait un magasin d'accessoires masculin ou un truc dans le genre. 
Petit tour d'horizon vite fait, l'est petit le truc aussi, faut pas déconner non plus......et....et.....ohhh put' Bingo un Daiso !!! (Il s'agit d'une fameuse chaine de magasins où tous les produits quasiment sont à 100 Yens la pièce, ce qui à l'époque où le Japon n'avait pas de TVA, avait la particularité en caisse de compter uniquement le nombre de produit acheté et de multiplier le tout par 100 pour obtenir le prix total)......résultat, le voici😎:
...avec chronomètre et étanche de surcroit, juste ce qu'il faut pour affronter le mauvais temps et savoir à quel moment avaler son gel. Même pas 2€50 la toquante, rahhhh j'adore ce pays !!!!😝
Allez, on y verra que du feu !!! De toute façon je lui demande juste de tenir la course. Hang On.😘
La nuit sera fraiche mais le sommeil du juste.
Réveil aux aurores... enfin avec 3 heures d'avance tout de même, ça caille bien dehors et la pluie pointe le bout de son nez, petite réflexion interne, changement de politique, je troque le court pour le long (haut et bas) et comme le long était obligatoire, j'allège de facto le sac. Finalement y a du bon dans le mauvais.
Les courageux se rassemblent petit à petit, pour une fois j'ai attendu le dernier moment avant d'arriver, le temps de déposer le drop bag et il ne reste que 20 minutes à attendre avant le départ. La place est déserte car tout le monde s'abrite sous le moindre petit bout de toit qui dépasse, en gros ils sont tous amassé à coté de moi. Courir sous la pluie oui mais attendre non...ça tue le moral.

M-10, il en suffit d'un qui amorce le mouvement pour que le reste de la troupe lui emboite le pas. Et nous voilà ni une ni deux sur la ligne de départ. Les sourires sont présents malgré le temps, pas le choix, la grande majorité d'entre nous ne sera pas de retour avec 24 heures alors autant partir le coeur joyeux.

Regardez moi si ils sont pas mignons les Trailers, un vrai sapin de Noël à eux seuls. 
C'est dans ces moments là où te vient la phrase mythique "Mais qu'est ce que je fous là ?". Disons qu'au moins tu ne te sens pas seul...pas encore.
Le départ est donné à 05h00, comme prévu. Tout ce petit monde s'élance; je suis le mouvement. Pour l'instant ça semble partir pépère, faudra bien se fier à l'intuition, car je n'ai aucun repère de vitesse. Mais au fond ça me correspond plutôt pas mal, j'ai la fâcheuse tendance à courir au feeling, la montre étant souvent la pour mémoire....enfin presque.
Pour l'instant je caracole en tête de peloton, je me risquerai même à être second, renonçant à m'offrir une tête de course éphémère de peur de paumer tout le monde dans ce début de course obscure. Chacun suivant bêtement l'autre.
On entre rapidement dans les bois avec ascension directe, on retrouve alors la configuration de terrain de Naguri, et pour cause nous sommes dans la même région, le ravito n°2 se situant sur le parking de départ de cette dernière.



Le terrain est très technique à mon sens, toujours sur la crête à progresser sur des singles faits de racines protubérantes ou de roches. Assez éprouvant et surtout très casse-gueule quand le sol est trempé.

Ces photos ne sont pas vraiment en adéquation avec mon discours, car ce ne sont pas les miennes. Je n'ai pas vraiment pris le temps d'en faire.


Ca donne envie, non ?.... Je vais être honnête je n'ai rien vu de tout ça.


Allez, on va parler un peu course et sensations.
Loin de ce que j'aurais imaginé, toutes les places que j'ai cédé l'ont été dans les descentes. A l'aise quand ça grimpe, avec les cuisses qui répondent et sans fatigue, tout ce que j'arrivais à gratter dans ces moments là, je le concédais dans leur pendant négatif. Raide sur mes appuis et constamment en arrière par crainte de me ramasser, j'ai, dès le début, verrouillé malgré moi sans jamais réussir à inverser la tendance. Ce qui ne m'a pas empêché de me vautrer non plus. Résultat des descentes façon petit vieux, qui en plus d'aller lentement font mal. Un calvaire. Et je ne parle pas du matos abimé à chaque chute, genre les trous dans les vêtements de pluie.
Juste avant la nuit, bénéficiant d'un Drop Bag en A6, après environ 60 km, je l'ai joué comme prévu initialement à l'UTMF, avec un change "complet" et recomplètement en Gels. Bien m'en a pris car comme attendu, j'ai commencé à déguster avec les Salomons. Ma conduite en descente n'arrangeant rien bien au contraire. J'ai donc switché avec les Brooks, que m'a offert E-Motion Trail
Quel bonheur !! J'apprécie vraiment les Salomons, mais le pare-pierre renforçant la pointe tend à favoriser les blessures, surtout quand on se retient dans les descentes, la position tout en arrière accentuant la charge sur les pointes de pieds. Changer avec les Brooks, qui sont des petits chaussons, a permis de soulageant les phalanges et les ongles. Plus souples, moins de pression, j'avais la sensation de repartir à neuf.
N'ayant qu'un seul bas long avec moi, je l'ai troqué contre le sur-patte de pluie afin de traverser la nuit sereinement au chaud. Par contre, afin de rester dans les clous du règlement j'ai rembarquer dans le sac la serpillière qui me servait initialement de bas. 
Repartir "sec" juste avant de plonger dans les ténèbres, ça n'a pas de prix. Surtout après avoir déguster à outrance les spécialités locales proposées.
La nuit se passera sans pluie, sans encombre mais non sans chute, et toujours mauvais dans le négatif, je vais malgré tout limiter les dégâts et réussir à devenir plus offensif sur la fin. Par contre c'est du solo tout le long, pas âme qui vive, et un terrain toujours aussi technique, de nuit c'est challenge.
Le point positif malgré cela, ma montre de fortune qui a rempli son office, me permettant de me ravitailler avec régularité et de ne jamais souffrir d'un coup de moins bien. Ce qui l'air de rien fait quelque peu réfléchir sur le bien fondé de nos équipements électroniques, auxquels on attache tant d'importance et d'attention quand on court. Après tout on n'a pas attendu après ça pour crapahuter dans la verte. 
Je dois reconnaitre que franchir la ligne d'arrivée m'a fait rudement plaisir. C'est tout de même mon premier 100km en trail.
Forcément à 03h du mat' y a pas foule...
Une fois arrivé, on est vite saisi par le froid de la nuit. Le temps de se réchauffer autour d'un des nombreux poêles mis à disposition et je fonce à la voiture prendre quelques heures de sommeil bien mérité.
Comme prévu, au réveil c'est grand soleil...mais si rappelez-vous la météo avait prévu beau le dimanche pour le départ...bref, il fait une chaleur à crever dans la voiture. 
Direction MacDo' pour un petit dej' pantagruélique, clair que c'est pas bien mais ça fait du bien 🤓. Du gras !!!!

Pas pressé de rentrer, puisque nous sommes DIMANCHE, direction l'arrivée pour encourager les derniers et assister à la cérémonie de remise des prix.



Evidemment les premiers ne jouent pas dans la même cour que nous. 
14:54:05 pour le 1er homme et 19:09:55 pour la 1ère femme, ça cause. Alors à la question "Avez vous apprécié les spécialités locales proposées dans les ravitos ?", la réponse "désolé, mais je n'ai rien mangé" fait toute la différence. 
Perso, j'ai pas mal apprécié😋, limite pété le bide....mais chuuuut !! ça fait pas très sportif. 😙
Surtout les soupes, elles font un bien fou.
Une fois les récompenses délivrées aux vainqueurs vient l'heure tant attendue du Jan Ken Pon (pierre feuille ciseau), comme à Naguri. L'occasion de distribuer les cadeaux des sponsors tout en s'amusant. 
Instant cocasse, comme nous étions dans un temple, les personnages âgées en visite se sont jointes à la fête. Et ce qui prêtait à sourire au début a fini par agacer quand elles ont commencé à rafler la mise plusieurs fois, obligeant à un recadrage poli de la part du directeur de course, expliquant qu'il fallait avoir couru pour jouer...... haaa les anciens, même pas peur !!!!
Pendant ce temps, les coureurs ont continué à arriver au compte goutte, le visage fatigué, après plus de 30 heures passés à arpenter les sentiers. 
Et si j'admire les premiers pour la prouesse physique que représente leur chrono, je pense être beaucoup plus admiratif des derniers pour leur volonté d'aller jusqu'au bout.
Cette Fun Trails 100k est un beau défi et si le mauvais temps n'a pas permis de profiter du paysage, cela reste un excellent trail à la japonaise avec un niveau technique assez élevé. J'ai beaucoup appris sur ce tracé.
Taux de finisher: 76%.
Pour ma part:
21h42'51"
72ème place

Histoire de bien finir le weekend, le voyage retour sera aussi long que l'aller.
Et quand bien même je n'ai pas perdu de temps pour déposer ma Suunto en réparation, les chances sont maigres pour que je la récupère avant le prochain rendez-vous dans trois semaines à Izu. En attendant, opération grande lessive et rafistolage.

See you.

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