samedi 2 décembre 2017

Hasetsune Cup



L'automne est déjà là et Hasetsune fait son retour dans sa version longue. 
J'ai déjà raconté sa version courte et écourtée, ce qui fait qu'à la fin il ne reste plus grand chose, . Déjà à l'époque mon sentiment était quelque peu mitigé concernant cette course, pourtant je suis assez bon public, et bien, après cette extended edition, ça n'a pas changé voire même empiré. Au vue de sa renommée je m'en étais peut être fait une image faussée ou bien est ce son concept qui ne me convient pas.

En quelques chiffres, voici Hasetsune Cup:
71,5 km
4832m D+
4832m D-
Temps max: 24h00
Tracé: Boucle
Trail: ? %
Inscription: 15 000 Yens
Nombre de places: 2 500

La course prend sa source à Musashi Itsuka Ichi, à environ une heure de voiture du coeur de la capitale. Avec un départ donnée à 13h00, il est clair que les hotels ne feront pas leur affaire de cet événement. Pour ma part je m'éviterai également de dormir dans la voiture comme à l'accoutumée, et je prendrai la route tranquille dans la matinée avec mon binôme Eric.


La chose a connaitre tout de même avant de vous lancer dans ce genre d'aventure c'est de voir large dans vos temps de trajet. Sinon comme nous vous vous taperez un premier stress avant même d'avoir commencer....et pourtant on avait de la marge...initialement. L'autre point important ce sont les parkings, sinon tu doubles ton facteur stress. Musashi Itsuka Ichi c'est typiquement le bled qui n'est pas dimensionné pour recevoir 2500 coureurs (et leur famille) et leur bagnole. Bon je vous l'accorde la gare amenuise l'effet, et heureusement sinon c'était baisé mort pour nous. Finalement on squattera à l'arrache sur le parking d'une banque juste à coté du point de départ. On n'a jamais vu une banque ouverte le dimanche c'est du pain béni. Moi qui avais déjà quelques griefs envers "Hasetsune", le moulin s'en trouvait bien alimenté. Finalement nous sommes dans les temps pour retirer le dossard, on souffle.
Le concept d'Hasetsune c'est l'absence de ravito, ce qui a 15000 Yens la participation fait cher du t-shirt finisher. Mais bon, j'ai cliqué on ne m'a pas forcé. 
Pour la Cup, il y a uniquement un point d'eau à mi parcours, ou on te donne "1 litre" et pas une goutte de plus. Alors quand t'es un soiffard comme moi, toute ton attention se focalise sur ce paramètre.
Etonnement pour le 30K ou le contrôle du sac au retrait des dossards avait été épique, ici rien de comparable pour la simple et bonne raison......qu'il n'y en a pas, de contrôle. 😳 Non pas que je m'en plaigne car ça évite de tout déballer, mais je cherche encore la logique du truc. Par contre on n'oubliera pas de me demander mon assurance montagne, et encore une fois ma carte de sécu aura bon dos. Désolé, y a pas de quoi en être fier, mais bon, coté vache à lait j'ai mes limites.
Le moment du départ approche et le soleil est au rendez vous sur un stade en pleine exposition. J'ai beau contrôlé et re-controlé, mes flasques n'ont pas doublé de volume, il faudra que je m'en contente. Pour vous mettre dans la confidence, je pars avec 3 litres d'eau, 2 fois 600 ml en flasque et le reste dans la poche à eau. Ca peut paraitre beaucoup, pour moi ca ne l'est pas et ça ne sera pas de trop.
J'ai fini par retrouvé Eric dans le bloc d'attente. Nous sommes à 10 minutes du départ quand machinalement je joue avec ma frontale....elle est bien légère dis donc.....ce qui en soit est normal quand tu as oublié la batterie dans la voiture. OHHHHH PUTTTTT........ je regarde ma montre, la ligne de départ, Eric, ma montre, la ligne de part, Eric, je visualise la voiture. "Eric tu peux me garder mon sac stp ?"......ouppss les clefs de la caisse....boudiouuuuu ...... scuse, scuse, je ne fais que passer. Et me voilà filant comme un dératé en direction du parking. Comme le dira si justement Eric, quelle chance de nous être garer là. Tu m'étonnes John.
Bref me voilà de retour dans les rangs et dans les temps, avec ma batterie et le souffle coupé. Ca n'a pas commencé que je suis déjà sec. Décidément Hasetsune et moi c'est vraiment une histoire compliquée. 
Le départ est lancé et c'est partit pour 70 bornes. Je ne cache pas que ma motivation est moyenne, 15 jours avant j'étais sur Yamada Noboru, ses 129 km, 9200 D+ et mes 26 heures de courses. Donc la je compte finir (comme d'hab en fait) et sans plus, le classement me passe au dessus. Heureusement d'ailleurs car si j'avais eu des ambitions, elles auraient été amèrement contrariées. Déjà à peine démarré c'est le goulet d'étranglement. Ca bouchonne sévère et les minutes s'égrainent. Un conseil à ceux qui voudraient jouer le chrono à Hasetsune, partez en tête, mais vraiment en tête.
Puis au bout d'une heure de course, déjà je sens le petit coup de mou, une sensation désagréable qui rappelle furieusement l'échappée belle. Finalement la quasi totalité de la course se résumera à cette sensation, me posant très régulièrement sur le bas coté pour récupérer voir même somnoler.
Pour le coup la nuit arrive très vite ce qui n'arrange pas mes affaires. J'oscille entre coup de boost et panne sèche, la sensation de jouer au "mille bornes" en live. 
Dans la pénombre de la nuit, je suis abordé par un coureur, une connaissance. Il a des yeux de chat le gars c'est pas possible. Moi je ne vois que des points lumineux au milieu de silhouettes informes. L'occasion de papoter 2 minutes pour mieux oublier sa peine. Il m'annonce qu'il n'a déjà plus d'eau, alors que le ravito est encore 'très' loin. C'te misère. Perso il m'en reste mais pour combien de temps encore. Je finis par repartir de plus belle pour finalement me poser plus loin et le voir me passer devant en m'encourageant. Ce sera ça comme ça, à toi, à moi, tout le long.
Quand vient, enfin le ravitaillement, je suis sec et à sec. Je décide de vraiment prendre mon temps pour me ressourcer. Alors je mange, lentement, car je n'ai plus d'eau et pas question d'hypothéquer le litre si précieux qu'on vient de me donner.
Il est dit dans les milieux bien informés, qu'il y a une source vers les 55 km, de mémoire, je ne sais plus trop bien.  La question est de savoir si il faut croire à cette légende et miser dessus ou bien s'en tenir au plan initial. Finalement c'est un jalonneur qui sera le messie, annonçant aux coureurs la présence effective de cette source et la liberté qui nous est accordée de nous y abreuver. Cette info me fera grand effet car a partir de là tout ira pour le mieux, et puisant allègrement dans mes flasques, je vais commencer à repartir sans me soucier de rien.
Enfin la voilà, oui la source est bien là, l'eau y est fraiche et ....ca fait la queue. Il doit rester grosso modo 15 bornes, je blinde mes flasques et j'enquille. Le rythme est bon, la fatigue a disparue et je retrouve enfin de bonnes sensations. Les rôles s'inversent, maintenant c'est Bibi qui remontent les autres concurrents. Jusqu'à revenir sur un trio sur lequel, faute de pouvoir le dépasser à cause de l'étroitesse du chemin, je vais me caler jusqu'à la fin. Les pensant souder, je suis surpris de les voir s'éclater arrivés en ville, à quelques centaines de mètres de l'arrivée. Je n'ai alors aucun remord à envoyer derrière et talonner le plus rapide des trois. Et finalement c'est la délivrance. La ligne d'arrivée est là et je la franchis enfin.
Hasetsune se termine après 14H44'02" de calvaire et une 466ème place.
Le temps de manger un morceau, à l'unique ravitaillement de la course et je retrouve Eric qui va courageusement rentrer par le bus, après avoir bien gazé. Pendant ce temps je vais m'offrir le plaisir de finir la nuit dans la voiture afin de pouvoir assister à la remise des prix du lendemain.
Une nouvelle fois Ruy Ueda a fait parlé la poudre.

See you.



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